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LA MONTAGNE - Quotidien régional
Vendredi 4 Février 2000Annaëlle, huit ans, est née handicapée, condamnée au silence et peut-être à une fin précoce.Une méthode mise au point en Australie puis en Amérique et en Israël lui permet de parler avec nous : "la communication facilitée", qui remplace la parole par l'écriture sur clavier informatique, lui a permis, avec l'aide d'Anne-Marie Vexiau, de nous faire accèder à son monde intérieur. Issue de parents juifs religieux, soutenue par sa foi et une étonnante clairvoyance, elle donne ici la preuve extraordinaire - s'il en était encore besoin - que les enfants polyhandicapés sont sensibles au moindre battement de paupière du monde. LA RUBRIQUE DES PYRENEES - Roger Dumont
22 Janvier 2000C'est tout d'abord un sentiment d'incrédulité que l'on éprouve en apprenant que c'est une petite fille de neuf ans, condamnée au silence, qui a écrit ce livre grâce a méthode de la "communication facilitée". Mais lorsqu'on prend connaissance de la présentation pleine de chaleur du Grand Rabbin, puis de celle de l'Editeur mettant er relief une enfant étonnante qui "a la beauté d'une Joconde qui n'aurait pas grandi" et quand il souligne que "sa relation au monde est presque exclusivement spirituelle, ayant acquis une perception qui dépasse de loin la nôtre, asservie aux contingences de la matière" on ne peut s'empêcher d'être troublé. Pour Annaëlle, comme pour d'autres handicapés, c'est par clavier informatique interposé et orthophonistes spécialisés qu'elle a cherché a établir le dialogue, prouver sa réceptivité et nous faire accèder à son univers intérieur. Par la richesse et la générosité de son propos, Annaëlle fait mieux que de nous surprendre, elle nous émeut par son témoignage d'amour de D.ieu et des hommes. Elle sait que son existence est destinée a être courte et elle affirme, face a la cécité des gens normaux. être la preuve que les handicapés mentaux sont capables d'activité intellectuelle. Dans un monde qui est le nôtre en même temps que le sien transcendé par la connaissance qu'elle a, non seulement de sa naissance mais des événements qui l'ont précêdé, elle traverse des périodes intenses dominées par la joie. Elle est persuadée que si elle n'était pas née avec sa maladie elle n'aurait pas vu d'aussi belles choses, aimé autant de personnes, ni n'aurait pas été autant aimée. Elle se sent très grande dans son jardin secret, pas fâchée d'être handicapée. Tout son livre est imprégné d'amour pour les siens au point que sa joie est traversée parfois de tristesse quand elle perçoit par exernple la peine qui est celle de son père "Ses caresses endorment la douleur de mon corps, ses baisers sur mes joues raniment mon envie de lutter pour vivre". Soutenue par l'amour familial, des hommes et de D.ieu, ce livre qui. raconte pluseurs vies dAnnaëlle, fait preuve d'une étonnante érudition quand elle nous entretient de la Bible et du Talmud. |
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